Isa BOURLAND

Parler de sa sculpture est un véritable challenge autobiographique
De manière indicible les pulsions et la vie qui passe y sont inscrits en filigrane
Quel défi de faire dire au marbre ce que l’on a au fonds des entrailles
Choisir le marbre comme choisir une drogue, c’est décider de s’enchainer à lui.
Pour le dompter il est vivement conseillé de lui donner son âme,
bien au delà de la trace de l’outil.

Lorsque la sculpture arrive à son terme, ne pas omettre de lui consacrer une analyse
Est-ce que le but recherché est atteint ? Voilà la question!!!!!!!
Bien souvent on doit assumer le sentiment d’être passé à côté.
Qu’importe, le désir de continuer est là, un nouvelle sculpture attend de naître.
Nécessité absolue de recommencer, de se lancer de nouveau dans l’aventure de la création.


La chair, oui, parlons-en, elle est très présente dans ma démarche artistique.
Le marbre et sa sensualité naturelle appelle à cette tentation .
Je propose des formes organiquement féminines sans artifice,
livrées à elles-mêmes et à tous dans leur stricte intimité.
Je traite la féminité sans tabou, avec beaucoup de clins d’oeil à la vie
Parfois, je m’échappe et j’ai envie de travailler sur d’autres registres.
Je m’intéresse alors au chaos crée par le contraste de la pierre brute
et la douceur d’une surface travaillée et polie
Là aussi le contraste magnifie la nature voluptueuse du marbre.



Question : est-ce que l’artiste pense aux autres au cours de sa création,
à ceux, qui, plus tard, seront présentés à la vue de l’oeuvre.
En ce qui me concerne, je le confesse, non,
je laisse parler mes obsessions créatives
Je dois assouvir ce besoin en caressant tout de même l’espoir qu’il soit lisible...
Dans mon parcours artistique il y eu avant et après le marbre.
Encore aujourd’hui je navigue dans l’ère du marbre,
Le climat n’y est pas facile mais je l’aime
C’est une telle jouissance quand il veut bien me conduire
vers l’accomplissement de mon idée.
C’est un échange, quand je commence à l’entreprendre et qu’il ne me deçoit pas,
Alors je lui dois toute mon énergie, en fait c’est une relation tout à fait charnelle